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Gabriel Deshayes
Gabriel Deshayes

La rencontre (2)

Je m’appelle Béatrice Merkel et je viens de fêter mes quarante-sept ans. J’habite dans le 13e arrondissement de Paris, dans le même appartement depuis dix ans. Je suis malheureusement divorcée depuis deux ans et sans enfant également. Mon travail est de conseiller les clients de la banque où je suis. Ma vie est extrêmement routinière. J’ai quelques amis qui sont également mes collègues de travail mais je ne sors pas beaucoup car je suis une grande timide donc je n’aime pas rencontrer de nouvelles personnes dans des endroits que je ne connais pas.

Un matin, comme d’habitude, je pars au travail vers huit heures trente. Je descends les escaliers de mon immeuble. Je sors dans la rue et comme tous les matins, je prends mon journal au kiosque du coin. Et là, coïncidence, qui je croise ? Mon ex-mari, au bras d’une belle blonde taille mannequin et qui doit avoir la moitié de son âge. Je fais semblant de ne pas l’avoir vu mais lui m’a reconnue et vient me parler. Je me suis dit : « Mais qu’est-ce qu’il fait là ? Il habite à l’autre bout de la ville ! Pourquoi il me parle ? » Et là, il me pose la question qui tue : « T’es toujours célibataire ? » Et à ce moment-là, je suis devenue toute rouge et je n’aie eu qu’une réponse : « NON », alors que oui, je suis toujours célibataire. Mais quelle idée de lui avoir dit non. Et il me dit : « Tu n’as qu’à passer samedi soir à la maison pour nous le présenter. » Quelle horreur !!!! Il ne me reste que trois jours pour trouver quelqu’un. « OK, pas de problème, à samedi alors » Et ils commencent à s’éloigner. Je continue mon chemin en pensant à qui je pourrais demander d’être mon petit copain pendant une soirée. Je ne voyais pas du tout. La journée passée, je rentrais chez moi et là, je vis au loin, un homme vêtu d’un magnifique costume, en face de ma porte d’immeuble. Mais qui est-ce ? Et là, je vois une jeune femme courir vers lui et l’embrasser. Dommage, il avait l’air très charmant. Je monte donc jusqu’à mon appartement.

Le lendemain matin, encore comme d’habitude, je descends de mon immeuble et je me dirige vers le kiosque lorsque je percute un passant sans le faire exprès. Je me baisse pour ramasser mon sac, je me relève et je vois ce bel inconnu aux beaux yeux bleus et aux cheveux bruns et là, je suis devenue toute rouge. Je m’excuse mille et mille fois, l’homme sourit et finit par m’inviter à boire un café pour se faire pardonner. Nous nous mettons à discuter et là j’apprends qu’il est conseiller comme moi et qu’il travaille dans une banque concurrente de la mienne. Il s’appelle Matthieu et il vient d’avoir quarante ans. Il est également célibataire comme moi. Donc nous avons appris à nous connaître pendant ce café qui a dû durer au moins deux heures.

De fil en aiguille, nous nous sommes vu à peu près tous les soirs et enfin nous nous sommes embrassés lors de notre sortie au cinéma. Et le fameux samedi arriva. Je demandai à Matthieu s’il voulait bien m’accompagner et il a dit OUI !!!! Nous sommes arrivés pile à l’heure et le dîner s’est agréablement bien passé. Mon ex-mari n’a pas arrêté de poser des questions à Matthieu, un vrai interrogatoire. Nous sommes enfin sortis et Matthieu m’a proposé d’aller boire un dernier verre et pour finir j’ai dormi chez lui. Et cela dure maintenant depuis déjà huit mois. C’est vraiment le grand bonheur !!!! J’ai également reçu des nouvelles de mon ex-mari et ça ne va pas très fort pour lui car il s’est fait plaquer par son mannequin et il essaye désespérément de me reconquérir. Il m’appelle presque tous les jours, je finis par ne plus prendre ses appels et je l’ignore. Je lui ai fait comprendre que maintenant je ne suis plus libre et que j’ai trouvé l’homme idéal pour moi et que ce n’est sûrement pas lui.
LT
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Une nouvelle vie

Il est sept heures trente, je me lève tout juste et les rayons du soleil percent à travers mes volets. Je me rends sur ma terrasse prendre mon petit déjeuner, cela est très agréable.

La semaine commence, mon travail ne me tracasse pas, il me plaît beaucoup, j’aime énormément la relation avec mes clients et mes collègues.

Neuf heures trente, j’arrive à la banque où je travaille, je croise Monsieur Tino mon chef et un ancien copain du lycée.

« Bonjour Béatrice.

- Quelle belle journée n’est-ce pas, Monsieur Tino. »

Je fume ma cigarette avant de rentrer à mon poste de travail, je sais, ce n’est pas bon pour la santé, j’avais arrêté il y a dix ans de ça mais malheureusement suite à mon divorce, j’ai recommencé il y a deux ans maintenant. Une période très difficile à surmonter, malgré la présence de mes amis, qui m’a beaucoup aidée à avancer.

Au même moment, ma collègue Maryvonne, familièrement surnommée Mamie au travail, arrive, elle me dit :

« Dépêche-toi, tu devrais déjà être à ton bureau, tu as rendez-vous avec monsieur Bobine à neuf heures cinquante.

- Oui je sais, je termine ma cigarette, j’arrive tout de suite. »

Quelques minutes plus tard, me voilà installée, on frappe à ma porte c’est monsieur Bobine, un réalisateur de cinéma, il entre et s’assoit à mon bureau. Contre toute attente, il n’est pas là pour des renseignements financiers mais pour une proposition très intéressante. Il me demande de participer au tournage de son prochain film, il a directement pensé à moi car il voulait une femme d’âge mûr entre quarante et cinquante ans, ce qui est tout à fait mon cas, et avec un léger accent, or je suis d’origine allemande. Ma réaction n’a sans doute pas été à la hauteur de ses attentes, mais ce n’est pas une décision à prendre à la légère. Suite à ça, il me propose un second rendez-vous afin que je puisse rendre réponse le plus rapidement possible, je lui donne rendez-vous à seize heures samedi chez moi dans le 13e arrondissement, vers la place d’Italie et il accepte.

Je me suis posé énormément de questions suite à cette proposition inattendue, comment vais-je pouvoir faire si jamais ce film ne marche pas ? Mon travail ? Mon avenir si le film fait un carton ? Beaucoup de questions mais comme souvent, sans réponses.

On est déjà samedi, il est quinze heures trente, le tournage débute dans quinze jours, je n’ai vraiment pas d’autres choix que de lui répondre malgré mon incertitude. Une demi-heure s’écoule, et la sonnette d’entrée retentit, je me dirige vers la porte et j’ouvre, monsieur Bobine attend sur le seuil, je l’invite à rentrer. Nous nous dirigeons vers le salon, tout en parlant du beau temps que nous avons depuis quelques jours, ensuite nous nous asseyons face à face près de la fenêtre du salon et il me regarde comme s’il attendait une réponse de ma part, je lui dis donc qu’il peut compter sur moi pour le tournage, je serai présente. Il est très content d’entendre ma réponse, il n’était pas convaincu suite au rendez-vous à la banque, il me remercie et on commence à parler des contraintes qui peuvent être rencontrées pendant le tournage et même avant, les paroles, les scènes, et beaucoup d’autres choses encore.

Le lendemain, je retourne au travail avec de très grandes appréhensions, il faut l’annoncer. A l’heure de midi, je demande à tout le monde de se réunir en salle de réunion, l’angoisse monte de plus en plus. Je rentre en salle de réunion et je m’aperçois que tous mes collègues sont déjà installés, je prends mon courage à deux mains et leur annonce la nouvelle, leur réaction est très touchante, ils ne veulent pas que je parte, ils aiment mon humour, ma joie et ma bonne humeur. Les derniers « au revoir » sont les plus durs, mais on se reverra bientôt.

Quelques jours s’écoulent et le grand jour arrive, il est dix heures trente je dois être sur le lieu de tournage à onze heures, je me prépare et commence la route à pied puis j’entends mon nom :

« Béatrice Merkel, je peux vous emmener si vous le souhaitez ? »

C’est monsieur Bobine.

« Bonjour, oui je veux bien ! »

Je monte dans la voiture et on se dirige vers le lieu de tournage, au loin j’aperçois de grandes cabanes, des projecteurs, c’est là ce lieu grouillant de personnes, on se sent tout petit dans ce cas. Le moment fatidique arrive, il faut m’habiller, me maquiller, et revoir une dernière fois mes prises de parole.

« Béatrice Merkel et Yvon Maly, scène 4, dans la salle à manger »

Voilà, c’est mon tour, je connais plus rien mais il faut y aller.

Tout s’est bien passé, je peux enfin me considérer comme une actrice et continuer ma vie professionnelle dans ce milieu, Monsieur Bobine m’engage pour ses prochains films.


LD
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Un cambriolage

Tous les matins, en allant travailler, je passe à la boulangerie du coin pour acheter un pain au chocolat, ensuite chez le marchand de journaux qui est à côté, pour acheter le journal. Ce sont mes habitudes.

Quand j’arrive au travail, je bois un café avec mes collègues, on parle de notre soirée, de ce que l’on va faire ce week-end, de leurs familles, cela me gêne un peu car je viens de divorcer et je n’ai pas d’enfants. Ma vie sentimentale a été un échec et je me dis que ce n’est pas à quarante-sept ans que j’aurai des enfants. Enfin je m’installe à mon bureau, à propos, je suis conseillère clientèle d’une banque, j’aime beaucoup mon métier, être en relation avec les gens, leur parler ; souvent ils me demandent d’où vient mon accent et je leur réponds que ma langue maternelle n’est pas le français, mais que je suis d’origine allemande.

Dix-sept heures, ma journée est terminée, je rentre chez moi, j’habite le 13e arrondissement vers la place d’Italie, je m’arrête à la fontaine, je m’assois et je jette du pain aux pigeons. En rentrant chez moi, je me sens suivie, je me retourne plusieurs fois, discrètement puis subitement, mais je ne vois personne, je continue à marcher et arrivée chez moi je m’enferme à double tour. Je me dis que c’est n’importe quoi, que je me fais peur alors qu’il n’y a pas lieu.

Je fais mon ménage, je monte prendre ma douche et je me mets dans mon canapé à regarder la télé. Vers dix-neuf heures, je mets une pizza à chauffer dans le four, puis je retourne dans le canapé en attendant qu’elle chauffe, c’est ce que je fais tous les soirs. Le four sonne, c’est que la pizza est prête, je vais la chercher et je mange sur le canapé, je sais ce n’est pas très bien mais qui ne l’a jamais fait !

Vers ving-et-une heures je monte me coucher, avant de dormir je fais toujours un peu de lecture environ une heure, et après je m’endors.

Dans la nuit, je me réveille subitement, j’entends des bruits.

Subitement, j’entends comme le bruit d’un carreau que l’on casse. Je n’ose pas me lever de mon lit, j’ai peur, qu’est-ce que cela peut bien être ? Un voleur ? Je prends mon courage à deux mains, je sors de mon lit, je mets mes chaussons et enfile ma robe de chambre, je cherche un objet avec lequel je peux me défendre. Tiens, un bougeoir, non, ce n'est pas une bonne idée, une batte de baseball, oui c’est bien, ça appartenait à mon ex-mari. Je descends les escaliers tout doucement pour ne pas faire de bruit, je suis terrifiée.

Et qu’est-ce que je vois ? Un homme cagoulé, il faut que j’appelle la police... mais comment faire mon portable est en bas dans mon sac à main. J’espère qu’il ne va pas monter mais s’il montait je pourrais aller téléphoner, oui, il faudrait que je l’attire en haut, il faut que je cherche une idée, je sais, je fais tomber un objet de façon à ce qu’il l’entende et vienne voir de quoi il s’agit, et je me cache derrière la porte.

Quand je l’entends monter, je me prépare à le frapper avec ma batte de baseball, le voilà, chut ! Mon cœur bat de plus en plus fort, si fort que j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine. Il rentre dans ma chambre, je lève ma batte et je tape aussi fort que possible une fois puis deux jusqu’à ce qu’il tombe par terre, je ne sais même plus s’il a essayé de se défendre et combien de fois je l’ai frappé. Je l’ai assommé.

Le voilà par terre, il ne bouge plus, je crois l’avoir tué, je prends son pouls au poignet, non heureusement, il respire, j’enlève sa cagoule doucement pour qu’il ne reprenne pas conscience, je veux savoir qui est cet homme. Mais… c’est… Hugues, mon ex-mari ! Je l’attache aux pieds de mon lit, mais je ne sais pas quoi faire, soit j’appelle la police, soit j’attends qu’il reprenne conscience et je lui demande des explications, non, la meilleure solution c’est d’appeler la police.
Je prends mon portable et je compose le numéro de la gendarmerie, je leur explique qu’il y a une personne qui s’est introduite chez moi, que je l’ai assommée et qu’elle est en ce moment attachée à mon lit, le gendarme me dit qu’il m’envoie tout de suite une voiture.

En attendant la police, je remonte en haut près de mon ex-mari et j’essaie de lui faire reprendre conscience pour comprendre pourquoi il voulait me cambrioler, je lui passe de l’eau sur le visage, il reprend ses esprits petit à petit.

Je lui donne un verre d’eau, enfin la police arrive, je cours les chercher et je les fais monter, je leur dis que c’est le cambrioleur et que c’est aussi mon ex-mari.

Ils l’emmènent au poste de police. Le lendemain, je suis convoquée au commissariat pour porter plainte, je leur explique ce qui s’est passé cette nuit et ils enregistrent ma déposition.

Le lendemain, je ne vais pas au travail, je téléphone à ma banque et je leur explique ce qu’il s’est passé. Je vais au commissariat vers dix heures le matin et le commissaire m’accueille gentiment, il me demande comment je vais, si je veux un café, il me demande de m’asseoir et de lui réexpliquer ce qui s’est passé, il compare avec les éléments que je lui ai donnés la veille alors que j’étais un peu sous le choc.

Il me demande si je veux parler avec mon ex-mari, je lui réponds que oui car je veux savoir la raison de son acte.

Il m’emmène dans une salle où je peux m’entretenir avec Hugues mais sous surveillance.

Je lui demande : « Mais pourquoi as-tu fais cela ? ». Il ne me répond pas, il n’ose même pas me regarder dans les yeux, je ne sais pas quoi lui dire, je veux juste savoir ce qui l’a poussé à faire ce cambriolage mais sans réponse, je crois que je ne saurai jamais la vérité.

AP
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Piégée...

Je m’appelle Béatrice Merkel, je suis conseillère clientèle dans une banque. J’habite vers la place d’Italie dans le 13e arrondissement. Lorsque j’ai fêté mon cinquantième anniversaire, l’année dernière, j’avais organisé un dîner entre amis, il y avait très peu de célibataires, j’ai vraiment ressenti un manque affectif quand je les voyais se cajoler.

C’est à leur départ que j’ai pris conscience qu’il fallait que je me ressaisisse, depuis mon divorce il y a un peu plus de cinq ans aujourd’hui, je n’ai eu aucune histoire sérieuse.

Je me sentais seule, chez moi je n’étais accompagnée que par un chat puisque je n’ai malheureusement pas eu la chance d’avoir d’enfants.

Cette petite remise en question m’a fait comprendre qu’il me fallait trouver quelqu’un, que je ne voulais pas finir mes jours sans une personne que j’aime à mes côtés. Mon problème était que je ne connaissais aucun homme de mon âge célibataire dans mon entourage, ou aucun « d’intéressant ». Je ne me voyais pas non plus arpenter les rues à la recherche de ma future moitié.

Après y avoir longuement réfléchi, j’avais décidé d’aller sur un site de rencontre.

Je sais ce que vous allez penser « Mais elle ne sait pas ce qu’elle fait » ou encore « Mais elle est folle », à cela je répondrais que oui, il y a en moi une part de folie pour avoir eu une idée pareille, mais comprenez-moi cinq ans que j’étais seule, que je mangeais seule, que je dormais seule, cette solitude affectait véritablement mon moral.

De plus, mon amie Aurore a rencontré son concubin André sur internet et aujourd’hui ils sont très heureux, donc je me suis dit à ce moment : « Béa tente, qu’as-tu à perdre ? »

Si seulement j’avais su…

Il y a un peu moins de onze mois, je me suis donc inscrite sur le même site que mon amie. J’ai discuté avec des tas d’hommes me paraissaiet fort douteux, cependant un est sorti du lot.

Il s’appelle Claude, il a cinquante-deux ans, il est avocat. Nous avons beaucoup beaucoup parlé, au fil des jours, puis des semaines, je commençais véritablement à m’attacher à lui, il me comprenait, essayait de me découvrir, s’intéressait à moi, à mon passé, me questionnait aussi beaucoup par rapport a mon ex-mari. J’aurai dû trouver ça suspect, mais j’ai juste pensé qu’il faisait partie des hommes corrects, respectueux, compréhensifs et attentionnés qui existent encore sur terre.

Au bout du deuxième ou troisième mois de correspondance, j’ai voulu le rencontrer. Il était aussi charmant que je le pensais. Nous sommes sortis, nous avons été au cinéma, au restaurant. Il était, comment dire ? ... « Génial », oui c’est le terme qui convient, c’était comme si nous nous connaissions déjà depuis des années. Nous nous sommes revus à la suite une à deux fois par semaine, puis après presque tous les jours, j’en suis tombée amoureuse, notre relation était celle que je rêvais depuis mon célibat.

Un jour où je devais le rejoindre chez lui, j’avais tellement envie de le voir que je suis arrivée en avance, et devinez quoi, devinez qui j’ai vu sortir… vous ne trouverez jamais, je sais à qui vous pensez « une femme », je crois que j’aurais préféré cette version-là… mais ce ne fut pas le cas, la personne que j’ai vu sortir était mon ex-mari, j’en suis restée abasourdie, paralysée, je ne comprenais pas ce qui était en train de se tramer.

J’ai imaginé sur le coup qu’il n’appréciait pas ma romance avec Claude et qu’il était venu lui dire de me quitter ou quelque chose de ce genre, j’ai pensé à tout sauf à ça…

Après avoir repris mes esprits, je lui ai demandé la raison de sa présence ici… lui et mon ami se sont regardés, d’un regard complice, j’ai alors compris qu’ils se connaissaient mais j’espérais tout de même que non, je voulais me cacher la vérité. James m’a alors expliqué la situation : il n’avait pas apprécié que je le quitte après son infidélité, il en avait beaucoup souffert, m’a-t-il dit et il voulait qu’à mon tour je souffre, il a alors monté un coup avec son collègue de travail « Claude » qui se nomme en réalité « Peter », je n’en croyais pas mes oreilles, je regardais mon compagnon dans les yeux pour vérifier si mon ex-mari mentait, j’avais devant moi un autre homme, sans pitié, puis James reprit :

« Peter devait faire semblant de s’attacher à toi, il devait tout faire pour que tu en tombes raide dingue, je pense qu’il a réussi d’ailleurs, dit-il en souriant avant de poursuivre

- Mais tu as tout gâché en venant aujourd’hui, on te préparait quelque chose qui t’aurait vraiment anéantie.

- Quelque chose ? demandai-je d’une petite voix.

- Oui disons, ma chère Béatrice, que tu m’aimais tellement que tu aurais tout fait pour ne pas me perdre, je devais donc te faire quitter la ville en te faisant croire que j’étais muté dans le sud, je sais que tu m’aurais suivi et en faisant cela tu aurais perdu ton emploi. Avant de me rencontrer tu étais déjà seule mais au moins tu travaillais, seulement là tu n’aurais plus rien eu, tu aurais été encore plus seule », m’expliqua Claude ou Peter, je ne sais plus comment l’appeler, puis s’adressant à James :

« Alors on fait quoi ? Je n’ai pas été au bout de ton projet mais j’ai quand même le droit à la moitié de la somme convenue non ?

- Alors tout n’était qu’une question d’argent entre nous ? » finis-je par dire.

Je sentis que les larmes me montaient aux yeux et avant qu’ils ne me voient pleurer, je suis partie le plus calmement possible pour qu’ils ne pensent pas tous les deux que leur mascarade m’avait touchée …

Depuis ce jour, je suis à nouveau seule chez moi avec mon chat, je suis encore plus renfermée sur moi-même, je n’ai plus confiance en personne, même en mes amis…

J’ai voulu écrire ce passage de ma vie pour vous, mesdames, messieurs, pour que vous ne vous fassiez pas avoir comme ce fut mon cas récemment, j’étais sûre de moi, j’étais sûre que cet homme était parfait comme je l’avais été aussi une vingtaine d’années plus tôt pour mon ex-mari, à chaque fois que je ne doute pas, que c’est une évidence pour moi, j’en souffre, donc voilà ce que je voulais vous dire : méfiez-vous de tout le monde, ne tombez pas si rapidement dans le piège des sentiments, soyez forts et prudents…


EJ
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La femme seule et l’enfant malheureux

Cette grande femme brune, aux cheveux lui arrivant aux épaules, avec ses grands yeux bleus tellement tristes, ce joli visage pâle et cette silhouette élégante avec ses vêtements sombres, qui marche à vive allure va en fait au travail comme tous les matins à huit heures.

Elle exerce la profession de conseillère clientèle dans une banque et se prénomme Béatrice Merkel, elle a entre quarante-cinq et cinquante ans. Et si elle est si triste, c’est qu’elle s’ennuie dans sa vie routinière de femme divorcée et célibataire sans enfant.

Mais de l’autre côté de la rue, un enfant d’à peu près huit, dix ans la regarde, il la suit du regard à chacun de ses passages, il l’admire, la trouve jolie et la dessine sur son petit cahier où il réalise des œuvres qu’il revend ensuite.

Ce petit garçon c’est Paul, il est brun, aux yeux noisette, toujours radieux malgré tous les malheurs qui lui sont arrivé. Son père est décédé à la suite d’une chute de toit car il était couvreur, et sa mère pour noyer sa douleur a sombré dans l’alcoolisme. Il vit toujours chez elle, mais il doit travailler pour la nourrir, ainsi que sa sœur Louise de trois ans et son chien Uno.

Il aimerait tellement parler à cette jolie dame qu’il voit tous les jours, il voudrait dessiner son portrait pour changer des dessins où elle bouge toujours, mais il n’ose pas. Quand un jour le 11 octobre 1979 la jolie dame se fait arracher son sac à main par un homme. Paul se lève et court, il court tellement vite qu’il réussit à rattraper l’homme, lui arrache le sac des mains, part à toute allure, retourne vers la femme, lui prend la main et ils se mettent à courir tous les deux, ils s’arrêtent dans un café, la dame offre un chocolat bien chaud à Paul pour le remercier et il discutent.

Paul se dit : « Elle se prénomme Béatrice, ce qu’elle est belle et gentille, elle me fait énormément penser à maman... avant... »

Quand Béatrice le ramène à la réalité en lui disant : « A quoi penses-tu ? »

Il répond : « Je voulais vous demander si je pourrais faire votre portrait, ce sera gratuit, c’est juste pour le plaisir de vous dessiner. »

Béatrice lui dit qu’elle est d’accord mais à condition qu’elle paie. Il accepte et lui donne rendez-vous le lendemain à 18h00 sur la grande place. Ils s’embrassent amicalement et se quittent. Ils se voient le lendemain ainsi que les jours suivants après la journée de travail de Béatrice, ils s’entendent merveilleusement bien. Quand un jour, elle découvre que Paul a d’énormes bleus sur les avant-bras. Elle lui demande ce qu’il a fait pour avoir ces bleus, il répond que ce n’est rien, elle insiste et il lui dit la vérité : « C’est maman, quand je ne ramène pas d’argent à la maison elle me tape, mais c’est normal, je suis méchant. »

Béatrice rétorque : « Mais non, ne dis pas de choses pareilles, tu es adorable et ta maman n’a pas à te frapper pour cette raison. Normalement tu ne devrais pas travailler à ton âge, tu devrais être à l’école. »

Paul lui répond : « Je sais, mais il faut gagner de l’argent pour manger. »

Béatrice lui dit : « Emmène-moi chez toi je vais discuter de tout cela avec ta maman. »

Paul n’est pas trop d’accord mais il l’emmène pensant que peut-être ensuite il pourra enfin aller à l’école, il en rêve tant. Mais quand elle commence à parler, la mère la met à la porte. Elle lui donne son adresse et son numéro de téléphone au cas où elle aurait besoin de son aide.

Le lendemain, elle parle avec Paul et lui explique qu’il faut que sa mère se fasse soigner pour qu’elle redevienne comme avant, mais que pour cela il faut qu’il vienne voir la police avec elle. Paul qui aime tant sa maman « d’avant » accepte. Ils vont voir la police et font une déposition. Mais quand la maman l’apprend, elle se met très en colère et tape tellement fort sur son fils qu’elle lui casse le bras, Louise qui assiste à la scène se met à pleurer, Paul s’excuse et pleure. Il s’enferme dans sa chambre avec Louise et Uno et la maman repart à son verre d’alcool. Les deux enfants s’endorment, mais dans la nuit vers 1h30, Paul réveille Louise, lui dit de s’habiller. Elle s’exécute et suit Paul dans le couloir sur la pointe des pieds. Ils vont chez Béatrice. Ils frappent à la porte mais rien n’y fait. Alors ils se mettent à crier et à taper de toutes leurs forces sur la porte, cela fait un énorme bruit, même Uno qui les a suivis se met à aboyer. Les voisins sortent ainsi que Béatrice. Elle demande aux enfants : « Mais que faites-vous ici? »

Paul répond : « Ma maman a été très méchante ce soir, elle m’a battu très fort, maintenant j’ai mal au bras et je voulais mettre Louise en sécurité. »

Béatrice dit en les faisant entrer : « Venez, je vais vous installer sur le canapé et je vais regarder ton bras. »

Les deux enfants répondent en chœur : « Merci beaucoup ».

Béatrice examine le bras de Paul et se rend compte qu’il est bien mal en point alors elle décide de l’emmener à l’hôpital, mais elle ne peut pas laisser Louise toute seule alors elle appelle son ex-mari qui habite à peine à 500 mètres pour qu’il vienne la garder. Il accepte et vient, Béatrice part avec Paul. Arrivés à l’hôpital les médecins demandent ce qui s’est passé, Paul leur explique et les médecins disent à Béatrice qu’il a le bras cassé et qu’il faut lui mettre un plâtre. Paul et Béatrice rentrent à l’appartement qui se trouve dans le 13e arrondissement vers la place d‘Italie. Bruno, l’ex-mari, et Louise dorment profondément sur le canapé. Alors Paul et Béatrice se couchent, mais elle oublie de mettre le réveil à sonner et elle ne se réveille qu’à 12h15, et Bruno, qui est son patron, dort toujours. Elle le réveille, ils mettent un mot sur le réfrigérateur où il est écrit: « Nous rentrerons à 17h45. Servez-vous. Bisous. », et ils partent tous les deux au travail. Quand ils arrivent, les collègues parlent, ils disent qu’ils sont à nouveau ensemble, qu’ils ont passé la nuit tous les deux… Le soir en arrivant ils trouvent une table mise, bien présentée, le repas est prêt… et les enfants regardent la télévision. Il se mettent tous à table et Louise dit : « Madame, je peux rester chez-vous ? J’aime bien être ici, c’est joli et vous êtes gentille. Vous voulez bien être mon papa et ma maman ? ».

Béatrice, après avoir parlé avec Bruno, explique aux enfants : « Nous ne pouvons être vos parents car vous avez une maman qui vous aime, malgré ce qu’elle vous fait subir. Ce n’est pas de sa faute si elle est méchante, elle est juste malade. C’est pour cela que nous allons demander à avoir votre garde pendant qu’elle se fait soigner. Cela vous plairait ? »

Les enfants en sont très heureux. La procédure est longue il faut que Paul et Louise passent un mois et demi dans un orphelinat. Pendant ce temps, Béatrice garde le chien. Bruno doit retourner habiter avec son ex-femme pour que la garde provisoire soit acceptée mais cela se fait sans trop de difficultés. La maman est admise dans un centre de désintoxication, ses enfants viennent la voir une fois par mois, ils sont heureux, ils vont à l’école. Et la maman remercie même Béatrice de l’avoir mise dans ce centre, et de garder ses enfants. Maintenant, il suffit qu’elle continue à se soigner. Et dans ce cas tout se passera bien.


AS
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Repartir à zéro

Elle, c’est Béatrice Merkel, quarante-huit ans, petite blonde, le sourire effacé.

Béatrice mène une vie quelque peu chaotique, divorcée depuis moins d’un an, elle profite bien de son célibat, un peu trop parfois. Souvent elle finit ivre le soir, avec un inconnu rencontré dans une soirée.

Le problème, c’est qu’à son travail ses collègues ne la reconnaissent plus, elle est conseillère clientèle dans une banque, et ces derniers temps elle arrive constamment en retard, oublie ses rendez-vous, on l’a même surprise à boire de l’alcool durant ses heures de travail.

Un jour, elle est convoquée dans le bureau de son supérieur hiérarchique, il lui demande des explications : « Pourquoi tous ces retards ? ». Elle ne répond pas, il continue : « Il est clair que vous avez un problème avec l’alcool, madame Merkel ». Elle fond en larmes.

Voilà, Béatrice a été priée de débarrasser son bureau, elle est maintenant sur le trottoir, elle se dirige vers le métro.

En chemin, Béatrice fait le point, elle est seule, désespérément seule, pas d’enfant, son mari était stérile, elle n’a jamais accepté le fait qu’il ne veuille pas adopter, résultat elle a commencé à boire, juste un peu au début pour oublier et puis son mari s’en est aperçu, il l’a quittée.

A cet instant, Béatrice sait que la cause de tous ses problèmes est l’alcool, elle est bien décidée à y remédier.

Quelques coups de téléphone plus tard, sa décision est prise ; son avion décollera le lendemain à huit heures quinze.

Le lendemain, son avion atterrit à l’aéroport de Berlin, en sortant Béatrice respire un grand coup, elle est chez elle, enfin de retour dans son pays : l’Allemagne, et dire qu’elle est partie il y a dix ans pour suivre Alain, son ex-mari, elle regrette tellement, faut dire qu’elle n’a jamais vraiment été heureuse avec lui.

Elle cherche Hannah sa petite sœur qui l’hébergera le temps qu’elle aille mieux.

Le soir-même, elles discutent longuement, Hannah est déterminée à aider Béatrice à arrêter de boire.

Les semaines passent, il fait beau, on est au mois de juin, bientôt deux mois que Béatrice n’a pas touchée une goutte d’alcool, elle est épanouie, elle a retrouvé du travail et se sent beaucoup mieux, il y a même ce collègue qui l’a invitée à dîner demain soir…

« Fonce, il est très bien ce type, pourquoi tu hésites ?

- Je sais pas, je me sens pas prête…

- Tu mérites de rencontrer quelqu’un de bien !

- Et si jamais il y a du vin à table ? »

Finalement Béatrice accepte et elle se retrouve en face de son collègue dans un charmant petit restaurant italien.

Tout se déroule très bien, lui-même ne boit jamais donc la question du vin ne s’est pas posée.

Ils parlent de tout, elle ne lui cache rien, il ne la juge pas un seul instant, elle se sent en confiance.

Ils se voient régulièrement, cette relation dure depuis bientôt deux ans, deux ans que Béatrice a pris un nouveau départ dans la vie.

Elle a emménagé dans un petit pavillon avec jardin dans la banlieue de Berlin avec Mark, oui Mark, c’est son prénom.

Ils ont décidé d’adopter un enfant (c'est son ex-mari qui était stérile, pas elle...), ils ont rempli un dossier où on leur demandait tout un tas de choses, leurs motivations, leurs revenus… Un inspecteur est même venu leur rendre visite et les questions ont recommencé : pourquoi a-t-elle divorcé ? Est-elle sûre de ne plus boire ? Est-elle stable ?

Ils ont subi beaucoup de tests, les démarches pour adopter un enfant sont très longues et très fatiguantes, quelquefois ils ont voulu abandonner mais dès qu’ils pensent à leur futur enfant, l’espoir revient.

Depuis plusieurs mois ils sont sans nouvelle du dossier, ils se disputent de plus en plus souvent, ils sont tous les deux sur les nerfs.

Un jour, Mark reçoit un appel au bureau :

- Oui, très bien

- ….

- Merci au revoir !

Le soir-même, il invite Béatrice à dîner dans le même restaurant que lors de leur premier rendez-vous. Arrivé là-bas, il se lance :

- J’ai quelque chose à t’annoncer, ça risque de changer pas mal de choses…

- Qui y a-t-il ?

- Voilà, on a rendez-vous demain, un petit garçon de cinq mois prénommé Noah attend d’être adopté, ils ont pensés à nous !

Le visage de Béatrice se fend d’un immense sourire.

- C’est formidable, je suis si heureuse !

La vie de Béatrice va enfin prendre le virage qu’elle attend depuis des années…

CB
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La souffrance de Béatrice

Dans sa vie, Béatrice Merkel a beaucoup souffert.

Aujourd’hui, c’est une femme d’âge mûr de quarante-six ans et qui exerce le métier de conseillère clientèle dans une banque à Paris. Pourtant son père, dans sa vie passée, ne pensait pas qu’elle aurait été capable de se construire ainsi.

En effet, la naissance de Béatrice n’était pas désirée par Jean Merkel, son père. De plus, malheureusement, sa mère décéda lors de l’accouchement. Ceci amplifia alors le manque de volonté de son père. Béatrice ne fut donc éduquée que par son père.

Au début de son enfance, elle fut élevée « normalement » mais voilà, quand elle a eu sept ans, Jean tomba dans l’alcoolisme soudainement. Béatrice ne savait pas pourquoi au départ mais par la suite elle comprit : c’était à cause de tout le chagrin qu’il avait accumulé durant des années par rapport à la perte de sa femme.

Béatrice a donc, dès l’âge de neuf ans, commencé à faire les corvées de la maison puisque Jean ne faisait pas grand-chose à part noyer sa tristesse dans l’alcool.

Mais environ deux ans plus tard, Jean devint de plus en plus violent à cause de l’alcool, et cela envers sa fille : il n’était pas violent physiquement mais dans ses paroles car, en effet, il lui disait souvent plein de choses méchantes comme quoi elle faisait le mal partout dans sa vie, qu’elle ne serait pas capable de faire du bien autour d’elle… Mais il le lui disait de plus en plus souvent :

« C’est de ta faute… »

Il lui répétait cela presque tous les jours mais en lui disant que cela. Elle ne voyait pas ce qu’il voulait dire mais elle finit par comprendre que son père disait que c’était de sa faute si Marianne, sa mère, était décédée et donc, il lui en voulait terriblement. Il lui offrait peu d’amour, elle se sentait seule…

Sept ans plus tard, quand elle eut dix-huit ans, Jean décéda malheureusement à cause de son alcoolisme. Béatrice était très attristée même si elle avait souffert de son manque d’affection.

Elle décida alors de vivre sa vie dans le 13e arrondissement. Elle rencontra un homme avec qui elle se maria à l’âge de vingt-et-un ans. Mais voilà, alors qu’elle pensait qu’il l’aimait « vraiment », elle divorça car il l’avait trompée avec une collègue de travail à lui que Béatrice avait d’ailleurs rencontrée à plusieurs reprises et avec qui elle s’était liée d’amitié. Cet homme, Eric, lui avait pourtant appris beaucoup de la vie : l’amour entre autres. Il l’avait aussi aidée à mieux parler le français car sa langue maternelle n’était pas le français mais l’allemand. Elle eut du mal à se remettre de cette rupture.


Béatrice, habite toujours dans le 13e arrondissement, vers la place d’Italie. Elle vit sa vie en tant que célibataire mais avec un chien : Chamsy. D’après Béatrice, le chien est le compagnon le plus fidèle de l’être humain et elle est persuadée que lui l’aime en quelque sorte. Béatrice a aujourd’hui peur d’aimer car elle ne veut plus souffrir.


MM
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Les malheurs de Béa

Béatrice Merkel, ou Béa comme on l’appelle chez elle, a vécu tout au long de sa vie avec sa mère. A l’âge de dix-huit ans et sortant d’un BEP services aux personnes qu’elle avait préparé en Allemagne, son pays natal, elle se rendit compte qu’elle voulait devenir juge d’instruction au tribunal de grande instance.

Pour faire ses études, elle décida d’aller à Paris dans une grande école de droit. Quand elle eut fini ses études, qui ont duré en tout douze ans, sa mère tomba malade.

Béa, vingt-huit ans, étant sans travail et habitant dans le 13e arrondissement, vers la place d’Italie, trouva des petits boulots qu’elle enchaîna pour pouvoir payer les soins de sa mère et le loyer qui n’était pas négligeable.

Entre ses petits boulots elle cherchait avec ténacité un emploi de juge d’instruction, mais en vain.

Cependant, elle obtint un poste de vendeuse chez un fleuriste. Elle s’y plaisait beaucoup, puis tomba amoureuse et réciproquement de son employeur nommé Albert.

Béa était aux anges, elle disait même être tombée sur la perle rare, un homme charmant et très généreux, qui lui demanda sa main au bout de trois semaines. Ils étaient très amoureux, Béa répondit « oui » à sa demande.

Après quelques mois, Albert proposa de payer les soins médicaux de la mère de Béa à condition qu’elle veuille bien placer sa maman en maison de retraite.

Béa y réfléchit longuement et sans même consulter la femme qui l’avait mise au monde, elle accepta la proposition de son cher et tendre époux.

Madame Merkel, la mère de Béa, ne réussit pas à passer ce cap, la pauvre femme a fini ses jours dans cet établissement d’hébergement pour personnes dépendantes. Elle aurait aimé avoir un peu plus de clémence de la part de sa fille.

Béa eut du mal à se le pardonner, elle aimait tellement sa maman.

Quelques années passèrent et Béa se rendit compte que son Albert ne voulait plus qu’une chose à ce jour, c’était récupérer la maison du 13e arrondissement. Béatrice s’y opposa très fortement. Suite à cela des disputes incessantes éclataient au sein du couple. Béa décida donc, au bout d’un an, de demander le divorce.

Elle décida de retourner vivre vers la place d’Italie dans la maison qu’elle partageait avec sa mère autrefois.

Une fois son contrat fini dans la boutique de son ex-mari, elle se retrouva une fois de plus sans travail.

Elle fit donc des pieds et des mains pour décrocher un emploi, qu’elle finit par trouver quatre ans plus tard, dans une banque en tant qu’hôtesse d’accueil.

Aujourd’hui Béa a cinquante ans et n’a jamais voulu refaire sa vie, peut-être par peur, qui sait ?

Depuis la mort de sa maman, Béa est devenue une femme très réservée qui ne vit que pour sa profession.

Elle travaille toujours dans la même banque hormis qu’elle soit devenue conseillère clientèle.

MC
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La vie de Béatrice

Cette nouvelle a été sélectionnée par la classe de première BAC pro SMR (Services en milieu rural) du Lycée Gabriel Dehayes à Saint-Gildas-des-Bois (44), pour concourir pour une lecture publique en janvier prochain dans le cadre du Festival Premiers Plans à Angers.

Béatrice Merkel, âgée de quarante-cinq ans, est issue d’une famille bourgeoise, d’Allemagne, elle est la seule enfant de sa famille car sa mère avait du mal à avoir des enfants ; elle a fini par avoir Béatrice alors qu’elle avait déjà quarante-trois ans.

Ses parents décidèrent de lui payer des études sur Paris, et l’envoyèrent donc au lycée… à Paris suivre des cours de comptabilité alors qu’elle n’avait que vingt ans. Deux années passèrent et elle rencontra Jules qui devint plus tard son mari. Elle décida de s’installer définitivement à Paris avec lui, près de la porte d’Italie dans le 13e arrondissement. Il avait dix ans de plus qu’elle, il tenait une banque dans le centre de la ville, il décida d’embaucher Béatrice comme comptable. Très rapidement elle changea de poste et devint conseillère clientèle.

Les années passèrent, et Jules, se mit en tête de fonder d’autres filiales de la banque dans le monde entier, ce qui lui prenait beaucoup de temps. Il était très énervé lorsqu’il rentrait le soir à la maison. Béatrice, quant à elle, subissait les humeurs de son mari. Elle rêvait d’avoir un enfant mais, vu la situation, Jules n’en voulait pas, il n’était pas question pour lui d’avoir un enfant, il disait que ce n’était pas le moment !!! Et lorsque, Béatrice en reparlait, le soir, il devenait méchant, et se mettait en colère, il frappait Béatrice, puis le lendemain, faisait comme si de rien n’était ! Elle n’en pouvait plus de cette situation, plus le temps passait, plus il devenait violent et agressif. Mais elle ne voulait pas briser son couple pour autant, quinze ans de vie commune, ce n’est pas rien, disait-elle ! Le soir Jules rentrait très tard, alors, elle passait ses soirées seule, enfin pas tout à fait, sa seule compagnie c’était Hubert, le chien de Jules. Béatrice en avait assez de passer ses soirées devant la télé. Au travail, elle avait entendu parler de forums de discussions. Un soir, elle décida donc de s’y connecter. Au début elle ne donna pas son prénom, elle prit comme pseudo : Julie, car elle se disait que ça faisait plus jeune ! Une fois le dossier rempli, la connexion établie, Béatrice reçut directement un message, c’était Alban, un jeune homme, il avait vingt-cinq ans, ils commencèrent à parler de leur vie. Soudain la porte s’ouvrit, c’était Jules, qui arrivait du travail, elle se déconnecta, et débrancha l’ordinateur, sur le champ. Jules, quant à lui, arriva dans la pièce, s’assit sur le canapé, et demanda à Béatrice de lui apporter un plateau-repas, elle s’exécuta aussitôt, pour ne pas l’énerver puis alla se coucher.

Le lendemain, soir, elle se reconnecta en arrivant du travail, elle retrouva Alban, qui lui demanda pourquoi elle était partie brusquement, la veille, sans même un au revoir, elle lui expliqua la situation, Alban lui indiqua des centres pour femmes battues, et lui dit de porter plainte au commissariat, car lui-même était policier, et ne supportait pas la violence ! Béatrice lui dit que ce n’était pas la peine, que ça n’aurait de toute façon rien changé, à part la faire souffrir ! Alban, n’insista pas.

Tous les soirs, elle avait pris l’habitude de venir sur le forum, parler à Alban, ils avaient tous les deux de longues conversations, sur la vie, leurs vies, leurs expériences passées, leurs hobbies… ils se lièrent peu à peu d’amitié, Alban comprenait très bien Béatrice. Lui venait d’une famille déchirée par la violence, lorsqu’il avait huit ans, son père tomba dans l’alcool, il commença à frapper sa mère. Pendant ces crises, Alban s’enfermait dans le placard, et écoutait les pleurs de sa mère, sans jamais pouvoir intervenir, sous peine de se faire battre à son tour, il s’était juré de la venger, ce fut chose faite. Un soir, après avoir été nommé capitaine-adjoint dans un commissariat du centre de Paris, il arriva chez ses parents, pour leur annoncer la nouvelle, quand il ouvrit la porte, il vit sa mère par terre, qui ne pouvait plus bouger tellement son mari l’avait rouée de coups, il attrapa son père, le colla au mur, et lui passa les menottes, il appela ensuite les secours et la police qui arrivèrent très peu de temps après. Sa mère porta plainte et son père en prit pour cinq ans.

Alors la souffrance de Béatrice, il connaissait !

Un soir, il demanda à Béatrice si ça la dérangerait qu’ils se fixent un rendez-vous, dans un bar chic de la capitale. Elle lui dit que pas du tout, et le rendez vous fut fixé au vendredi suivant.

Toute la semaine, Béatrice se posa des questions, elle se demandait si c’était bien de faire ça, vis-à-vis de son mari, elle avait l’impression de le tromper en quelque sorte. Elle ne se connecta pas durant trois jours. Entre temps, Jules l’avait une nouvelle fois frappée parce qu’elle ne lui avait pas préparé à manger !!!

Elle se reconnecta le jeudi soir pour confirmer le rendez vous à Alban, celui-ci lui demanda pourquoi elle ne s’était pas connectée, elle lui mentit, et lui dit que son ordinateur avait buggé.

Le lendemain, Béatrice était stressée à l’idée de voir Alban, mais elle prit son courage à deux mains et se prépara tranquillement, (elle avait pris sa journée, prétextant qu’elle ne se sentait pas bien).

A seizz heures, Béatrice se rendit au bar et s’assit à une table, elle ne connaissait pas Alban, enfin de vue, tous deux avait décidé de ne pas s’envoyer de photos, de laisser faire le destin. Un jeune homme s’approcha du comptoir, et demanda la table qu’il avait réservée, le serveur lui indiqua la table où Béatrice était assise. Il se présenta devant elle, il était grand, les cheveux blonds, et les yeux d’un bleu océan ! Béatrice tomba directement sous le charme !!! Ils se mirent à discuter. Béatrice avait ses lunettes pour cacher l’énorme bleu que lui avait fait son mari !!! Alban comprit tout de suite de quoi il s’agissait, il lui ôta ses lunettes, Béatrice, se sentit gênée, il la regarda dans les yeux et lui dit : « Tu ne devrais pas te laisser faire, je peux t’aider si tu veux. » Elle répondit, brièvement : « Non t’inquiète pas pour ça. » Deux heures passèrent, elle regarda l’heure et lui dit : « Bon, je dois y aller, on se revoit quand ? », et Alban répondit : « Demain, si tu veux. » Le rendez-vous fut fixé au même endroit, à la même heure.

Le soir en rentrant chez elle, elle trouva Jules, sur l’ordinateur, elle posa ses affaires, sur le bureau, et il lui demanda sans la regarder : « Où tu étais ? Je croyais que tu étais malade ? » Elle lui dit qu’elle était partie voir une amie qui avait besoin d’elle pour ses papiers, il ne dit rien et éteignit l’ordinateur.

Les jours, les semaines passèrent, Alban et Béatrice étaient devenus amants. Béatrice rejoignait tous les jours Alban dans son appartement.

Un matin, Béatrice, ne se sentait pas bien, elle avait des nausées, elle se demandait ce qu’elle avait. Elle prit donc rendez-vous chez le médecin, qui la reçut le soir même, il lui dit : « Madame, je pense que vous êtes enceinte !! Félicitations, nous allons faire les tests, mais c’est très probable » !! Elle n’y croyait pas, elle qui voulait tant un enfant mais le problème, c’était que Jules n’en voulait pas et que s’il l’apprenait, il allait se mettre dans une colère noire, surtout qu’elle savait pertinemment que le bébé était d’Alban, puisque Jules et elle faisaient chambre à part depuis longtemps !!! Alors, annoncer ça à Jules était presque du suicide !! Elle décida d’appeler Alban pour lui annoncer la nouvelle, il était si content qu’il lui demanda directement d’emménager avec lui. Elle lui dit qu’il fallait attendre, qu’il fallait d’abord qu’elle parle à Jules !

La voilà de retour à l’appartement, Jules était toujours sur l’ordinateur, dès le pas de la porte franchi, il lui dit : « Tu comptais m’en parler quand ? Ca fait longtemps que ça dure ? » Béatrice devint toute pâle, elle avança et répondit : « Je ne vois pas de quoi tu parles. » Jules se leva et la gifla violemment, elle tomba et dans sa chute se cogna dans un meuble, elle sut toute suite qu’il se passait quelque chose de grave, elle se releva et courut s’enfermer dans la salle de bains. Elle appela les secours et la police, puis Alban, tout le monde arriva dans l’appartement, Béatrice fut transportée aux urgences, Alban l’accompagna et Jules fut emmené au poste de police.

Béatrice perdit le bébé, et ne put jamais retomber enceinte, elle porta plainte contre Jules qui fut emprisonné, puis se maria avec Alban et adopta une petite fille qu’elle alla chercher au Vietnam.

Deux ans après ces événements, elle revit Jules qui était tombé dans l’alcool, il avait tout perdu, son entreprise, et surtout sa dignité !!!


ACD
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